No et Moi

No et Moi
Lou, treize ans, intellectuellement précoce, est une élève brillante et isolée. Fille unique délaissée par une mère tombée en dépression après la mort d'un bébé et incomprise d'un père aimant mais prisonnier de son impuissance. En classe, les autres élèves l'appellent 'le cerveau'. Pour Lucas et 'son air de bagarre' - les mauvais garçons au sourire d'enfant, ça a toujours fasciné les fortes en thème -, elle est 'pépite'. Dans le cours de l'exigeant monsieur Marin, elle a proposé de faire un exposé sur les sans-abri et d'interviewer une jeune femme SDF. A la gare d'Austerlitz où elle vient régulièrement regarder les gens et les trains partir, elle rencontre No. Mais la connaître, tenter de devenir son amie, ne suffit pas ; l'adolescente se met en tête de la sortir de là, comme on dit, et, avec Lucas, ils lèvent une armée du salut à deux combattants pour une opération de sauvetage, trop grande pour eux.

Heureuse découverte :)

# Posté le samedi 27 décembre 2008 07:05

La cane de Jeanne

La cane de Jeanne
------------------------------------------La cane
------------------------------------------De Jeanne
------------------------------------------Est morte au gui l'an neuf
------------------------------------------Elle avait fait, la veille,
------------------------------------------- Merveille! -
------------------------------------------Un oeuf

------------------------------------------La cane
------------------------------------------De Jeanne
------------------------------------------Est morte d'avoir fait
------------------------------------------- Du moins on le présume -
------------------------------------------Un rhume
------------------------------------------Mauvais

------------------------------------------La cane
------------------------------------------De Jeanne
------------------------------------------Est morte sur son oeuf
------------------------------------------Et dans son beau costume
------------------------------------------De plumes
------------------------------------------Tout neuf

------------------------------------------La cane
------------------------------------------De Jeanne
------------------------------------------Ne laissant pas de veuf
------------------------------------------C'est nous autres qui eûmes
------------------------------------------Les plumes
------------------------------------------Et l'oeuf

------------------------------------------Tous, toutes,
------------------------------------------Sans doute,
------------------------------------------Garderont longtemps le
------------------------------------------Souvenir de la cane
------------------------------------------De Jeanne
------------------------------------------Morbleu!

# Posté le samedi 30 août 2008 06:47

Modifié le samedi 15 novembre 2008 10:10

A quoi rêvent les loups

A quoi rêvent les loups

La descente aux enfers de Nafa, un jeune algérien, qui pour la cause islamiste devient un loup dans les années 1980.

Pour ceux qui aiment le sang, l'horreur, le barbarisme, la pression, la menace...
Un bon documentaire sur l'Algérie des années 80! Mais surtout, un roman fort, fort...

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Du même auteur, jai lu l'Attentat : un médecin israëlien d'origine palestinienne découvre que sa femme s'est fait sautée dans un attentat kamizae...et tente de découvrir pourquoi. So Good!

# Posté le dimanche 20 juillet 2008 07:00

Modifié le lundi 28 juillet 2008 11:26

" Tout enfant, j'ai senti dans mon coeur deux sentiments contradictoires : l'horreur de la vie et l'extase de la vie." ++++++++++++++++++++++++++ +++++++++++++++++++++++++++++ Charles Baudelaire.

" A une passante "


La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !




Charles Baudelaire ( 1821 - 1867 ) Les Fleurs du Mal, " Tableaux Parisiens "



J'étais en train de réviser mes textes pour le bac, quand je passai à celui-ci...
Je le lis et le relis à haute voix dans ma chambre, les yeux ouverts, puis je le récite les yeux fermés, et mince alors ! A chaque fois que j'en viens au tercets, mon coeur s'emballe. J'exagère. Mais quand même, Par Zeus! Qu'il est beau. La pointe de ce sonnet me fait frémir d'amour. J'exagère. Mais quand même.
C'est là que Skyrock intervient, et me détourne malicieusement de mon honnête intention qui consistait à réviser... ce satané m'oblige à venir le retranscrire sur ce blog par moi quelque peu délaissé, il est vrai. Alors j'y cours, j'y vole, et voilà, c'est fait.
"Ô toi que j'eusse aimée, Ô toi qui le savais", sublime. Portrait d'une inconnue troublante, récit saisissant d'une rencontre marquante. déclaration d'un amour impossible mais véritable, qui n'a duré qu'un instant mais a eu l'intensité d'une éternité. Baudelaire, quand tu nous tiens...<3

# Posté le mercredi 04 juin 2008 08:57

Modifié le lundi 23 juin 2008 10:29

Lambeaux

Lambeaux
"Je crève...
Parlez-moi... Parlez-moi...
Si vous trouviez les mots dont j'ai besoin, vous me délivreriez de ce qui m'étouffe."

Lorsqu'il évoque sa mère, Charles Juliet dit "tu". Ou plutôt lorsqu'il dit "tu", Charles Juliet évoque sa mère. Les premières dizaines de pages laissent perpexles, car on ne sait à qui cette marque intime s'adresse. Alors on cherche, on se questionne, puis on se demande si on saura un jour. Car cette mère n'est d'abord qu'une enfant, et suivre l'histoire de cette enfant sans savoir que c'est une mère lorsqu'elle est enfant rend difficilement imaginable le fait que cette enfant soit une mère. Vous suivez ? Mais justement, c'est le fait que l'auteur évoque une enfant qui n'est autre que sa mère qui rend son histoire plus émouvante, et éveille notre pitié.On pleure d'avantage la douleur d'un enfant... que la douleur d'une mère ? Mais puisque cette mère est une enfant?!
La mère grandit. L'enfant surchargée par le travail et les corvées à la ferme de ses parents, pleurant secrètement un amour perdu tout aussi secret, cherchant sans cesse les mots qu'elle ne trouvera jamais, pour exprimer ce qu'elle n'est même pas sûre de ressentir, devient une femme. Une épouse. Qui s'ennuie. Puis l'épouse qui était autrefois une enfant devient mère. Elle engendre une fois, deux fois, trois fois. Et le surmenage dont il ne restait plus que la douleur du souvenir réapparait, ainsi que la forte impression de passer chaque jour un peu plus à côté d'une belle et douce vie. Quand arrive le quatrième enfant, elle tente de se suicider. Pas la mère, elle aime ses enfants. Non, c'est l'enfant qui tente de mettre fin à ses jours, révoltée contre son père autrefois absent, qui ne lui a pas offert l'enfance dont elle avait tant rêvé. C'est l'épouse qui se saigne, ne pouvant plus souffrir l'absence de son mari. Après cet acte douloureux, elle est envoyée dans un hôpital psychiatrique, où elle crèvera littéralement. De faim. C'est l'extermintation douce, orchestrée par les Nazis. Voilà comment C.Juliet décrit la triste vie d'une mère, privée de son enfance d'abord, privée de ses enfants ensuite. L'auteure de l'auteur.
Dans un deuxième récit, C.Juliet dit toujours "tu". Mais à qui s'adresse-t-il ? Ce "tu" est le cadet de quatre enfants. Il a été adopté par une famille suisse après la mort de sa mère biologique. Cette famille adoptive, il l'aime passionément. D'amour. Surtout sa mère. Il la quitte pourtant pour aller faire des études militaires, et comme sa mère biologique avant lui (ce qu'il ne sait pas), il enrage de ne pas trouver les mots pour dire à ceux qu'il aime...qu'il les aime. Il aura une liaison avec la femme de son chef. Il quitte l'école militaire ne supportant plus la douleur d'être partagé entre ce qui est bien pour lui, et mal pour les autres. Il tente une école de médecine, puis devient professeur de physique, malgré sa passion pour les lettres. C'est un râté, il en est sûr. Il met sa vie dans les mains du destin. Du style : " Je cours jusqu'au croisement, en fermant les yeux. Si je n'en sors pas vivant, c'est que cette vie ne voulait pas de moi." Est-ce masochiste ? Ou est-ce la douleur du desespoir ? Il en sortira vivant. Et après cette étape absolue, il remontera la pente grâce à l'écriture, et à la découverte de l'identité de sa véritbale mère. Il écrira Lambeaux, une autobiographie dans laquelle il aura le privilège de se dire "tu".



Lambeaux. A lire d'une traite, en pleine nuit, avec une bougie. Ce petit bijoux est époustouflant.On en sort ému et marqué à la fois par sa douleur et sa juste vérité.

NB : Enfin! Rede Caesari quod Caesari est : ce texte est entièrement le mien. Il n'a pas la prétention d'être parfait, ni même bien. Mais il est personnel. A chacun sa subjectivité : lisez Lambeaux pour forger la votre =) ...hum, ça se dit forger sa subjectivité ??? ^^

# Posté le dimanche 25 mai 2008 08:10

Modifié le mercredi 04 juin 2008 08:54